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L’impact de l’automatisation dans le futur du travail : dynamisme et capacité d’adaptation

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Alors que la transformation digitale a bouleversé les modes de travail dans les grandes entreprises, l’automatisation, les premiers pas vers l’intelligence artificielle et même la blockchain nous poussent à repenser nos modèles économiques. Que vont devenir les emplois que la robotique remplace ? Comment les leaders doivent-ils anticiper les prochaines transformations ? C’est l’objet de l’étude récente de Forrester. Résumé.

L’automatisation va changer la nature des organisations et leur manière de travailler. C’est le constat général de Forrester, qui nous dresse un premier tableau des typologies d’automatisation. Celui-ci doit être pris comme une base de compréhension des évolutions que vont connaitre les grandes entreprises, que cela affecte le cœur de leur activité ou leur mode organisationnel.

On y observe l’arrivée de l’automatisation dans la majorité des strates d’une organisation, de l’aide à la prise de décision aux infrastructures, en passant par le marketing, le customer service ou les fonctions de production.

L’automatisation est devenue le facteur clé de succès dans un contexte stratégique.

Il est nécessaire d’aborder le sujet par le prisme des innovations technologiques et sociales des dix dernières années. En effet, comprendre l’impact de l’automatisation sur le futur de l’emploi, c’est avant tout comprendre les événements récents qui ont préparé le chemin, et avec lesquels elle se synchronise complètement.

Tout d’abord, l’avènement de Uber, d’AirBNB, d’Amazon and co est le fait d’un glissement dans les modèles économiques des entreprises, dont la cause est la course à la disruption et la capacité sous-jacente à répondre aux disruptions de son secteur. Dans ce contexte, l’automatisation fait objet d’outil au service d’entreprises cherchant à se renouveler. Ou à survivre.

Phénomène parallèle et pourtant intimement lié, l’avènement de la gig economy mène les grandes organisations à repenser la façon dont elles ont jusqu’alors envisagé le travail. On observe d’ailleurs un transfert de compétences initié par les premières entreprises automatisées (Uber étant première entreprise de taxi sans posséder de taxi, ou Deliveroo livrant des repas sans posséder de restaurants…), dans lesquelles les compétences techniques et digitales ont pris le pas sur la production de biens de consommation. On observe dans ce contexte l’entrée du freelancing dans les pratiques courantes des entreprises, avec des travailleurs de plus en plus multi-compétents et autrement volatils. En 10 ans, c’est une véritable révolution qui s’est opérée dans de nombreuses organisations : nous passons d’une économie à l’emploi à une économie à la tâche, pour laquelle l’externalisation des compétences, ainsi que la création d’équipes étendues, est source et conséquence.

Pour les consommateurs, que l’on va de plus en plus appeler utilisateurs finaux, l’automatisation apporte de nouvelles manières d’offrir valeur et expériences, tout en favorisant plus de transparence et d’équilibre. En effet, l’accélération de l’innovation technologique, couplée aux affaires qui y ont été associées (NSA-gate, Cambridge Analytica, etc.) ont poussé les entreprises à améliorer leurs capacités de cryptage, ainsi qu’à transmettre et traiter des données personnelles complexes.

De fortes évolutions à prévoir dans le panorama économique ?

Ces évolutions proposées par les nouvelles technologies donnent lieu à de nombreux questionnements sur l’avenir de l’emploi, l’économie, les lois du marché ou encore les méthodes de travail. Quelles transformations peut-on attendre dans ce contexte ?

L’emploi est la première source d’opportunités et d’inquiétudes, par les chamboulements qui l’attendent. En effet, si l’avènement du freelancing, le remote working et la gig économy ont ouvert la route vers de nouvelles formes de travail et un transfert socio-professionnel, ils soulèvent aussi de nombreux questionnements.

Ainsi, on peut observer un renforcement des fonctions touchant à l’humain (relation commerciale, training et coaching), ainsi que des missions multi-compétentes. En corollaire, les emplois en silo, les métiers physiques ou encore les fonctions de coordination opérationnelle perdent de la vitesse. En effet, des innovations telles que les algorithmes d’aide à la prise de décision ou la robotique viennent les compléter.

On peut d’ailleurs aisément identifier les risques économiques et sociaux. En premier lieu, la disparition de certains emplois en faveur de métiers digitaux, et la transition économique proposée par l’automatisation peuvent créer de nouvelles disparités socio-professionnelles, la création d’une élite digitale et l’élargissement d’un fossé salarial entre les digital workers et les non-digital workers.

Les tendances affichent en outre de nombreux changements dans la forme que prendra le panorama de l’emploi de demain. S’y retrouvent des enjeux comme l’apparition d’équipes étendues, l’outsourcing, et la relocalisation de la production, permise par des besoins réduits en main-d’œuvre non-qualifiée et le besoin du marché à renouer avec des pratiques locales.

 

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Quelles conséquences prévoir dans ce contexte ?

Dans ce schéma d’évolutions, les pouvoirs publics ont un rôle d’importance à jouer. En effet, les infrastructures, les zones économiques et l’ensemble des acteurs de la société, qui voient leur quotidien changé, vont requérir compréhension et accompagnement. Les institutions vont alors devoir faire un effort d’autant plus important de connaissance et d’anticipation de l’innovation qu’elles ont un rôle auprès de leurs administrés.

Par ailleurs, c’est tout le paysage économique qui change, et la transformation du système productif, à l’aune des relocalisations, des évolutions de l’emploi, et l’automatisation des tâches va nécessiter aussi un accompagnement macro-économique, de la part des gouvernements et institutions internationales, afin de minimiser les impacts sociaux et la « fracture digitale » définie plus haut.

Au sein des organisations, les enjeux sont multiples : D’un point de vue commercial, c’est grâce à sa capacité à rapidement s’adapter à une innovation dans son secteur qu’une entreprise va réussir à faire la différence, voire à survivre. A l’échelle du leadership, c’est bien évidemment la prise de décision qui va connaitre le plus d’évolutions, avec l’intégration de robots dans les chaines de management, et la capacité à accompagner les humains dans la transition. La formation professionnelle va redevenir une préoccupation au centre des organisations, qui vont devoir, si elles veulent rester concurrentielles, investir sur ce plan.

Que faire, en tant que manager ?

Forrester donne quelques pistes permettant de préparer les évolutions qui attendent les entreprises. En tant que manager d’une entreprise innovante, plusieurs actions sont à votre disposition pour dès maintenant anticiper les évolutions au sein de vos équipes :

  • Mener une veille et investir dans linnovation au cœur de votre organisation

  • Préparer et affiner votre leadership : dans un contexte de transition de l’emploi, il est important de maintenir un objectif et une culture d’équipe. Manager des talents à travers la gig économy, à la tache plutôt qu’à l’emploi, tout en maintenant un cap nécessite de créer un environnement dans lequel les employés se sentent accompagnés et formés pour un environnement de travail plus complexe

  • Maximiser la valeur-employé : avec la démocratisation de la gig-economy et de l’outsourcing digital, la culture et les valeurs d’entreprise prendront d’autant plus d’importance. Investir dans ses employés, c’est aussi investir dans des ambassadeurs de cette culture.

  • Construire et évaluer son quotient robotique, afin de mesurer l’évolution et l’impact de l’automatisation dans une organisation

  • Investir dans la formation, afin que l’accompagnement du changement se fasse de manière adéquate.

 

En definitive, les évolutions modernes ne sont que la suite logique d’un contexte d’innovation sans arrêt depuis 20 ans. L’automatisation et la robotisation vont apporter une transformation de fond du tissu économique, social et organisationnel. Pour autant, elles ne vont pas changer ce que fait une entreprise, ou comment elle fonctionne. L’enjeu du futur du travail va plutôt être de savoir accompagner cette transition, et savoir apporter dynamisme, adaptativité et création de valeur au sein de ses équipes.

 
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