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SDE 2020 : L’édition de l’auto-entrepreneur ?

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LittleBig Connection et 5 autres spécialistes du marché du travail en freelance étaient présents à l’occasion du débat “Freelance et indépendant” organisé par le Salon des Entrepreneurs, Jeudi 6 février 2020. À travers leurs témoignages, les speakers ont abordé plusieurs sujets cruciaux autour du statut d’indépendant : la liberté et les autres avantages propres à ce mode de travail mais aussi l’importance de bien s’entourer. Enfin, les intervenants ont pu donner des conseils à ceux qui veulent se lancer : retour sur un échange riche en enseignements. 

LittleBig Connection au Salon des Entrepreneurs

Lors de ce rendez-vous incontournable pour les créateurs d’entreprises, 60 000 personnes sont venues partager leurs idées et leurs expériences. Un événement bienvenu dans un contexte où la transformation des modèles de gestion et des méthodes de travail est de plus en plus sensible, notamment à travers la place du travailleur indépendant. Cet engouement autour de ces nouveaux modèles se ressent grâce à la forte affluence du public dans la salle du Palais des Congrès à Paris. Avant de commencer, Julia Lemarchand, journaliste aux Echos et présentatrice du débat, fait l’état des lieux ; “Non seulement trois étudiants sur quatre veulent créer leur entreprise ou travailler à leur compte aujourd’hui mais le nombre de créations d’entreprises a explosé en 2019, porté par les solo entrepreneurs !”.

Un constat qui lui offre sa première question aux intervenants : “Sommes-nous en train de passer de la start-up nation à la micro-entreprise nation ?”

 

 

L’entrepreneuriat : “un sentiment de liberté comme avec le permis de conduire”

D’emblée, le premier thème qui ressort lors des échanges est celui de la liberté dont jouissent les travailleurs indépendants. Claire Flin, attachée de presse indépendante, raconte qu’après 19 ans dans une petite agence parisienne, sa structure s’est faite racheter par une autre. Elle a décidé de se mettre à son compte pour s’affranchir d’une structure dans laquelle elle ne se reconnaissait plus. Louise Racine, consultante en stratégie éditoriale, en profite pour rebondir : travailler en freelance c’est aussi le moyen de s’affranchir du présentéisme ambiant dans certaines grosses agences, c’est à dire le fait de rester volontairement tard le soir pour faire bonne impression.

 

Pourtant l’ubérisation de l’économie semble participer à une exploitation progressive du travailleur indépendant par les plateformes en leur imposant une commission. Alors d’où vient cette liberté dont parlent les invités ? Julien Clouet, le Fondateur de LittleBig Connection, explique que cette autonomie est propre à “la talent economy” qui est au fondement de son projet. Il distingue ce modèle de “la GIG economy” développée par des plateformes comme Uber ou Deliveroo où le travailleur en freelance est en fait astreint à un taux et une certaine précarité. En effet, sur ce marché la concurrence entre des travailleurs peu qualifiés est telle que les salaires sont tirés vers le bas. Dans “la talent economy”, le travailleur choisit lui-même son taux et est libre de vivre de sa passion ; il est freelance par choix grâce à son expertise.

 

Cette émancipation du travailleur indépendant fait écho à la digitalisation des métiers provoquant une mobilité jusqu’alors inédite. Louise Racine explique que les métiers du digital et des réseaux sociaux se font de plus en plus en tant qu’indépendant. “Il était impossible avant de déplacer son ordinateur !” complète Clément Alteresco, fondateur de Morning Coworking. Cependant si cette libération est à portée de main, il faut s’affranchir soi-même de certains codes et préjugés pour y accéder : “Quand j’ai voulu être maman je me suis rendue compte qu’on a tout de même un modèle très ancré en France ; on dit souvent que c’est bien de profiter des avantages du salariat quand on tombe enceinte”.

 

Tous les participants partagent le même bilan : l’indépendance est en train de modifier le marché du travail ; “La volonté est là, les grands groupes savent que s’ils ne s’ouvrent pas aux freelances, ils ne pourront pas modifier leur modèle.” conclut Julien Clouet.

 

L’auto-entrepreneur : indépendant ? Oui. Seul ? Non.

Si l’indépendance semble présenter beaucoup d’avantages à une échelle individuelle, pour les speakers c’est aussi l’occasion de s’entourer de talents qui partagent une passion. Quand on est tout seul derrière son écran, on peut être tenté d’avoir toujours les mêmes idées.”, développe Louise Racine avant d’ajouter qu’être tout seul face à un client peut être insécurisant. Pour les invités, il est clair qu’indépendance et solitude ne sont pas forcément liés. “Etre freelance et bosser chez soi toute la journée, c’est l’enfer. On est des animaux sociaux […] les espaces de coworking sont venus répondre à ce besoin. Il y a aujourd’hui 2000 espaces de coworking en france.” explique Laurent Alteresco.

Nous apprenons pendant le débat que la France est l’un des pays les plus actifs sur les sujets de coworking, c’est à dire un espace où un réseau de travailleurs collaborent dans une culture d’échange et d’ouverture. Plus qu’une opportunité pour des rencontres, Clément Alteresco renchérit avec conviction qu’aller dans un espace de coworking est une nécessité absolue si le travailleur qui se lance ne veut pas “tourner en rond pendant 6 mois dans sa chambre.”

 

Le freelance n’est pas seulement un prestataire : c’est une entreprise.

Ce débat est aussi l’occasion pour les intervenants de donner des conseils à ceux qui veulent se lancer. La première idée abordée est qu’un travailleur indépendant n’est pas juste un consultant, il représente aussi une entreprise ; il doit se projeter avec un chiffre d’affaire sur l’année et il doit arriver à savoir s’il est rentable avec ce qu’il fait. Les invités insistent fortement sur ce point :

 

Ça ne choque personne que dans l’industrie on compte les coûts de revient […) Chez les travailleurs indépendants, il y a beaucoup de tâches qu’on sous-estime, comme par exemple la partie comptable. C’est important de savoir où on passe son temps en Freelance.“

Claire Flin

 

“Il faut vraiment voir le freelance comme une entreprise. On est pas juste là pour faire une mission. […] C’est très important d’être focus sur ce qu’on est en train de faire car on peut se perdre sur des sujets de fiscalité [..] Il faut se mettre un objectif, une date. Si on est pas à cet objectif, à cette date on arrête. Si vous avez pas cette date vous aurez toujours envie de continuer. Vous tomberez dans une spirale négative et ce sera plus dur de rebondir derrière. Personnellement c’est ce qui m’a sauvé.“

Julien Clouet

 

Faire du bruit positif : l’importance pour le freelance de se démarquer sur les réseaux sociaux

Les invités mettent ensuite l’accent sur l’importance de la communication lorsque l’on se lance dans l’auto-entrepreneuriat. Jean-Charles Varlet, créateur de La Crème de La Crème, argumente son point de vue : pour lui, il est crucial de mettre ses compétences à jour et d’être attentif au marché afin de pouvoir se positionner. “Tout bouge très vite. L’auto-formation c’est crucial. Aujourd’hui c’est gratuit de faire sa propre pub sur Linkedin, c’est une chance inouïe”. Alexandre Dana rebondit sur l’avis de l’entrepreneur : “Au delà du marché et des compétences, c’est très important de préciser que : c’est parce que le freelance et le client partagent la même passion qu’ils vont bien travailler ensemble.

 

 

Un dernier conseil pour freelance : se lancer.

En conclusion du débat, les intervenants se mettent d’accord sur un point ; tous les meilleurs conseils d’auto-entrepreneurs ne servent à rien si on ne se lance pas. Il faut donc affronter et relativiser sa peur d’échouer. “L’échec il est normal dans la vie d’un entrepreneur. L’essentiel c’est de rebondir.” rassure Claire Flin. “Plus que normal, il est même bénéfique.” lance Jean-Charles Varlet “D’ailleurs, les étudiants sont au meilleur moment de leur vie pour entreprendre, s’ils ratent ils auront toujours un filet de secours”. Le mot de la fin revient à Julien Clouet : “Il ne faut pas trop intellectualiser les choses. Un moment on y va. Vous ne serez jamais prêts. Lancez-vous et on se retrouvera l’année prochaine avec de belles histoires à raconter.”

 

 

Ce mot de la fin est accompagné par l’intervention de Muriel Pénicaud, la Ministre du travail qui vient clôturer les débats de cette 27ème édition du Salon de L’entrepreneur. Le thème du débat est l’occasion pour elle de partager son grand enthousiasme sur la création d’entreprises en France : “Dans notre pays il y a une énergie incroyable sur l’entrepreneuriat […] L’année dernière, il y a eu 850 000 créations d’entreprises en France, on a jamais vu ça !”.

 
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