Témoignages

Entreprendre et surmonter l’échec

Par

À l’occasion de la Semaine Mondiale de l’Entrepreneuriat, nous vous avons présenté le point de vue de notre CEO sur la phase de démarrage d’un projet. Cela dit, tenter pour la première fois l’aventure entrepreneuriale peut faire peur.

Concentrons-nous aujourd’hui sur les expériences et les échecs de Julien Clouet, qui se sont révélés être un véritable tremplin pour sa carrière professionnelle. Débutons ce deuxième entretien en rappelant les chiffres de l’entrepreneuriat en France.

La durée de vie des start-ups s’allonge, mais les échecs persistent

Au cours des dernières années, l’espérance de vie des jeunes entreprises a augmenté, suggérant ainsi la possibilité de survie d’un plus grand nombre de structures. Pourtant, selon Frenchweb, 25% des start-ups créées ne dépassent pas la première année, 36% échouent au bout de deux ans, et 44% au bout de trois ans.

Dans le top 10 des raisons pour lesquelles les start-ups échouent, nous retrouvons : le manque d’argent, un mauvais produit/service, une mauvaise équipe, une trop grande concurrence, les prix des produits et services, un modèle économique pas assez développé, l’absence d’une stratégie marketing, une indifférence envers les utilisateurs, une mauvaise évaluation du marché et un mauvais timing.

 

Est-ce possible d’éviter l’échec avant qu’il ne se produise ?

Quand on se lance, il faut se fixer un objectif et une date. Mais le plus important est de s’y tenir.

Si vous ne respectez pas cette règle, vous trouverez toujours une bonne excuse pour continuer et la pire des situations c’est une boite qui vivote. Si elle génère si peu, c’est qu’il y a un problème dans le modèle économique. L’épuisement et le fait d’être consumé par l’esprit d’entreprise sont des risques qui peuvent mener à l’échec.

Le déni de l’échec est bien réel.

Pour éviter une telle situation, je dirais qu’il est nécessaire de pouvoir compter sur une équipe de 2 à 4 personnes, toutes issues de cursus différents et dont les rôles sont bien définis. Cependant, cela peut parfois se révéler plus facile à dire qu’à faire face aux défis du quotidien. Ensuite, comme je l’ai mentionné lors des interviews précédentes, il faut se concentrer sur un seul marché. De nombreuses start-ups cherchent à se positionner sur plusieurs marchés et ciblent plusieurs types de clients. En procédant de la sorte, elles augmentent le risque d’échec. Enfin, en guise conseil, je recommanderai qu’elles co-construisent leurs projets avec le client final, comme nous l’avons fait avec le groupe Solocal. Il nous fallait plus qu’une simple étude de marché. Nous voulions nous assurer de répondre à un besoin réel. En nous faisant auditer par les équipes achats du groupe Solocal, nous avons pu bénéficier de plusieurs avis.

 

Peux-tu nous faire part de tes échecs et des leçons que tu en as tirée ?

Cela m’est arrivé lors de mon premier projet. J’ai vécu en Thaïlande où il y a beaucoup de tailleurs et mon idée à l’époque était de créer des ‘boxes’ avec un mètre de mesure et des échantillons de tissus. Par la suite, le client devait entrer ses mesures sur l’application ou sur le formulaire papier inclus dans la boîte et donner des détails sur le costume qu’il voulait : Col italien, etc. Nous l’avions appelé « My Tailor Box ». Malheureusement, la qualité du travail n’a pas été à la hauteur des attentes, les costumes n’étant pas bien coupés, etc. Nous ne pouvions pas aller de l’avant. J’ai repoussé les objectifs que je m’étais fixés au départ jusqu’à ce que je me dise stop ! J’avais le désir d’entreprendre, mais il fallait que je fasse mon deuil et que je renonce à ce projet.

Je suis passé du statut d’entrepreneur à celui d’employé. J’ai dû être managé. Je travaillais pour combler des manques mais j’ai pris le temps de vivre. J’ai pris le temps de me construire et au fur et à mesure que j’avançais, je travaillais pour être meilleur dans les projets que je réalisais. En soi, les choses fonctionnaient assez bien là où j’étais. J’ai travaillé pour un grand groupe, j’avais un périmètre très large et intéressant, avec de réels changements. Tous les trois mois, je réalisais de nouveaux projets et je dirigeais une très grande équipe, mais je ressentais encore un manque.

Un des enseignements que j’ai tirés de cet échec est que j’y voyais une expérience qui me serait très utile pour l’avenir. Cela m’a permis de me construire et d’acquérir des compétences en matière de gestion de crise et de gestion des obstacles du quotidien.

 

Un déclic : la naissance de mes enfants

Ce qui a marqué mes années d’entrepreneuriat, c’est la naissance de mes enfants. Ce fut un catalyseur. Je voulais que mes enfants soient fiers de moi. Je voulais donner du sens à ce que je faisais et laisser une trace. C’est à la naissance de mon premier enfant que j’ai démissionné du grand groupe où je travaillais et que j’ai pris la décision de me lancer. Pourtant, lorsque vous avez un enfant, vous êtes plus enclin à rechercher la stabilité et éviter de tels risques. Mais je l’ai fait et je ne le regrette pas. On m’a un peu traité de fou au début parce qu’en général, quand on a des enfants, on devient responsable mais la naissance de mes enfants a été un véritable déclic pour moi…

Les déclics sont uniques, tout comme les personnes qui portent ces idées sur le devant de la scène.

L’essentiel est de se remettre régulièrement en question, de profiter des échecs passés et de s’en servir comme tremplin.

 

Merci Julien pour cette troisième partie ! Prochain épisode : Entreprendre, relever les défis et croître ! Si vous souhaitez en savoir plus sur LittleBIG Connection ou devenir membre de la LittleBIG Community, rejoignez-nous sur la plateforme !

 
Télécharger un exemple d'avatar client