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Travail : comment repenser le salariat ?

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Bureaux nomades, horaires flexibles, séminaires de team-building, appel aux Chief Happiness Officers… Les entreprises utilisent aujourd’hui tous les moyens à leur disposition pour offrir à leurs employés un cadre de travail accueillant, et ainsi retenir leurs talents. Pourtant le turnover ne cesse d’augmenter, motivé en premier lieu par la recherche du bien-être au travail.

Quelles perspectives pour les entreprises ? Comment le salariat traditionnel peut-il évoluer ? Zoom sur quelques alternatives déjà à l’œuvre dans le monde du travail.

 

Télétravail, coworking … des concepts éprouvés mais qui peinent encore à s’imposer

Il est estimé que plus de 15% des Français ont recours au télétravail au moins une journée par semaine, et 71% de la population pense que les entreprises devraient développer cette pratique[1], d’ailleurs encouragée par la dernière loi Travail.

Ses bénéfices sont bien connus : on peut citer entre autres une hausse de la productivité, la réduction du stress et des temps de trajet, ainsi qu’une sensation de liberté et de confiance pour l’employé. Malgré les retombées positives du télétravail, cette solution se heurte encore aux réticences des dirigeants, qui peuvent être freinés par la perspective de perdre en supervision ou en esprit d’équipe.

Le télétravail est pourtant une option intéressante pour les employés, qui leur offre liberté et flexibilité. Travailler dans un espace différent peut également stimuler la créativité et favoriser les échanges, notamment si on offre à ses employés la possibilité de s’installer dans des espaces de co-working. L’adoption de ces solutions pourra s’avérer bénéfique pour des collaborateurs qui habitent loin, se déplacent beaucoup ou souhaitent simplement changer d’environnement – moyennant quelques règles évidemment : faire du télétravail ne veut pas dire être joignable à toute heure ni accéder à des informations sensibles n’importe où.

 

Le travail autrement: l’essor du remote working et des digital nomads

Une autre possibilité qui s’offre aux entreprises est le remote working, ou travail à distance : c’est du télétravail à temps plein, une solution que 41% des Français souhaiteraient adopter selon un sondage. Les travailleurs en remote sont alors libres de se déplacer, de changer régulièrement de lieu de vie ou de déménager sans avoir à changer de travail. Les entreprises peuvent quant à elles recruter au-delà de leur bassin d’emploi traditionnel, à travers le monde, et peuvent même faire le choix de réduire ou supprimer leurs locaux physiques.

Cette tendance reflète le mode de fonctionnement des freelances, qui ne sont pas rattachés aux bureaux d’une entreprise, mais pourrait également satisfaire des employés tentés par l’expérience de digital nomad. Ce nouveau nomadisme émerge depuis quelque temps, rendu possible par le travail en ligne : il peut séduire ceux qui souhaitent changer de lieu de travail régulièrement, qui déménagent pour des raisons personnelles ou qui voudraient voyager tout en gardant leur activité professionnelle.

L’intérêt ? Continuer à exercer sa profession habituelle tout en se déplaçant à son gré, au lieu de changer régulièrement de travail ou d’accepter des missions éloignées de son champ d’expertise. Ce ne sont pas des vacances travaillées mais un véritable mode de vie, une autre façon de travailler qui nécessite une certaine organisation.

C’est un changement radical, qui n’est bien sûr pas adapté à tous les secteurs ou métiers, mais qui fait ses preuves dans certaines grandes entreprises et peut devenir une véritable philosophie : certaines firmes de la Silicon Valley en ont même fait un argument de recrutement.

 

Header: Travail a distance, l'exemple des digital nomads
De plus en plus de travailleurs se laissent tenter par l’expérience de digital nomad, qui leur offre liberté et flexibilité

 

L’émergence des travailleurs multi-casquette ou « slashers »

Les évolutions du marché du travail ne concernent pas seulement son organisation : elles affectent aussi sa nature, et de plus en plus de personnes ressentent le besoin de varier leurs activités professionnelles. Ces travailleurs aux multiples casquettes, parfois appelés pluri-actifs ou slashers, représentent déjà 16% de la population active selon un rapport du Salon des Micro Entreprises. Plusieurs modes de travail émergent, parmi lesquels le cumul d’un emploi salarié et d’une activité entrepreneuriale, et le mécénat de compétences.

 

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Dans le cas des auto-entrepreneurs salariés, il s’agit de personnes qui lancent leur propre activité en parallèle de leur emploi traditionnel, souvent pour développer un projet qui leur tient à cœur. Le tout à condition de respecter l’obligation de loyauté envers leur employeur (non-concurrence et séparation des deux activités), et s’il n’existe pas de clause d’exclusivité dans leur contrat de travail empêchant d’exercer une autre activité simultanément. Selon un rapport du Salon des Micro Entreprises, 32% des slashers exerceraient d’ailleurs leur deuxième activité en tant qu’auto-entrepreneur. Leurs objectifs premiers ? « Augmenter ses revenus » et « percevoir des revenus grâce à sa passion ». Si l’aspect financier représente donc une motivation importante, ce phénomène de cumul des activités répond de plus en plus à une envie, un besoin de mettre à profit ses multiples compétences et centres d’intérêt.

 

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Cette envie se retrouve également dans le mécénat de compétences, un modèle porté en France par des organismes comme Vendredi ou le Pro Bono Lab. Le but ? Lier son activité salariée à un engagement social, auquel on consacre une partie de son temps. La durée et le rythme de l’engagement varient selon les cas, et la formule est accessible tant aux salariés à temps plein qu’aux stagiaires. Cette solution commence à s’imposer et à faire ses preuves, avec des participants séduits qui mettent en avant la satisfaction d’aider une autre organisation et de se sentir utiles, ainsi que l’acquisition de nouvelles compétences.

 

Une révolution déjà en marche

A l’heure où les aspirations des salariés évoluent, et alors que les Millennials investissent le marché du travail, il paraît nécessaire de repenser certains aspects des organisations, pour suivre et anticiper des mutations déjà en cours. Le marché du travail de demain offre plus de liberté, permet de s’engager et de créer une activité à son image ; d’où l’intérêt d’adopter dès aujourd’hui des solutions de travail adaptées, qui offrent une plus grande flexibilité et s’appuient sur les outils de travail collaboratifs pour répondre à l’éclatement géographique des entreprises et des travailleurs.

 

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[1] Source: Cabinet Kronos RH, repris par le CGET: https://www.cget.gouv.fr/chiffres-teletravail-2016

 
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