Future of work

Grands groupes vs startups : qui propose les meilleures missions en freelance ?

Les entreprises se livrent aujourd’hui à une concurrence féroce pour attirer les meilleurs talents en freelance, en particulier dans les domaines de la tech et de l’IT. Si pendant longtemps, les start-ups avaient la faveur des indépendants, il semble que les choses évoluent, et que les grands groupes gagnent en attractivité. Alors, des grandes entreprises ou des start-ups, qui est aujourd’hui le plus attractif aux yeux des freelances ?

Dans notre enquête « Les grands groupes français qui font rêver les freelances », nous avons demandé à un panel de plus de 700 freelances quelle taille d’entreprise ils favorisaient pour leurs missions. Ils ont été 47% à répondre qu’ils n’avaient aucune préférence sur la taille de l’entreprise. Premier enseignement majeur, donc : une grande majorité de freelances prête  finalement peu d’attention au type de structure pour lequel ils travaillent.

Ils sont ensuite 33% à préférer effectuer leurs missions dans des grands groupes, 9% à favoriser les entreprises de taille intermédiaire, et 11% à se tourner plus volontiers vers les petites et moyennes entreprises. Les start-ups, qui font généralement partie de cette dernière catégorie, ont donc finalement moins le vent en poupe que ce que nous aurions pu imaginer ; et les freelances pour qui la taille de l’entreprise compte, préfèrent visiblement collaborer avec de grandes structures.

En réalité, la situation est plus nuancée. Les entretiens que nous avons réalisés auprès de différents freelances et experts du Future of Work révèlent en effet que la préférence des freelances pour les grands groupes ou les start-ups dépend largement de leurs attentes et de leurs ambitions.

Comme l’explique Alexis Minchella, copywriter BtoB et créateur de Tribu Indé : « chaque freelance a des motivations différentes. Certains veulent gagner beaucoup d’argent sur un temps très court, d’autres veulent plutôt jongler sur différents projets pour acquérir de nombreuses compétences ». Il semblerait donc que chaque indépendant ait une perception bien personnelle de ce qu’est une « bonne mission », et à fortiori, de ce qu’est une entreprise qui offre de bonnes missions.

Les start-ups, plébiscitées par les freelances en quête d’un fort impact sur leurs projets et d’un accès direct aux décisionnaires

« Il est certain que l’image de marque plus jeune et dynamique que présentent les start-ups et scale-ups par rapport aux grands groupes peut être un facteur de choix pour les indépendants, surtout les plus jeunes », nous confie Hannah Peters, ancienne freelance en marketing digital, et fondatrice de Digi Atlas.

Mais au-delà de l’image d’innovation et de modernité qu’elles renvoient, les start-ups offrent un modèle de collaboration qui promet souvent au freelance une grande liberté et un fort impact sur les projets, ce qui n’est pas toujours le cas dans les grandes structures.

Chams Sallouh, freelance dans la data et coach pour indépendants donne ainsi son retour d’expérience sur les grands groupes : « on a une marge de manœuvre qui est souvent très limitée en tant que freelance : on ne demande pas de créativité et d’innovation dans les DSI des grandes entreprises. À l’inverse, les petites entreprises viennent chercher les freelances spécifiquement pour leur donner carte blanche et apporter de l’innovation ». Même son de cloche chez Rémi Rivas, designer indépendant, spécialisé dans les projets d’innovation : « l’avantage dans les ETI (entreprise de taille intermédiaire) ou grosses PME (petites et moyennes entreprises), c’est que la pyramide hiérarchique est simple : on est en contact direct avec le comité de direction, les décisions sont plus faciles, les effets plus rapides. On « sent » l’impact qu’on a sur l’organisation pour laquelle on travaille ».

Les start-ups et scale-ups restent donc profondément attractives pour bon nombre de freelances. Mais les grands groupes ne sont pas en reste.

Les grands groupes, favorisés par les freelances ambitieux et en recherche de stabilité

Samuel Durand, consultant sur le Future of Work explique que le « brillant » des start-ups s’est effrité : « on sait qu’il peut tout autant y avoir des problèmes financiers ou de harcèlement que dans n’importe quelle autre entreprise. Cela ne signifie pas pour autant que les grands groupes sont soudainement devenus sexy aux yeux de tous, mais ils ont fait preuve de beaucoup d’efforts pour se transformer et attirer de nouveaux talents : ils proposent plus de projets à impact, avec des budgets intéressants et surtout ils rattrapent leur retard sur l’aspect flexibilité, qui faisait jusqu’à présent la force des start-ups ».

Les grands groupes ont le mérite de proposer bien souvent des projets longue durée, qui offrent plus de stabilité aux freelances, et des missions généralement mieux rémunérées que dans de plus petites structures.

Par ailleurs, les grands groupes sont un tremplin pour les freelances : « c’est plus payant en termes de visibilité et de notoriété à long terme » explique Rémi Rivas, qui évoque même « de véritables cartes de visite pour des projets ultérieurs ». Le témoignage d’Hannah Peters va dans le même sens : « obtenir une mission dans une grande entreprise connue de tous, c’est une vraie réassurance pour un freelance. N’oublions jamais qu’un freelance travaille pour lui et doit donc s’occuper de son propre marketing. Et puis, c’est toujours une fierté de pouvoir dire qu’on travaille pour un groupe à forte notoriété ».

Enfin, les missions au sein de grands groupes offrent un autre avantage de taille, selon Chams Sallouh : « l’opportunité de baigner dans un environnement professionnel formateur, ce qui est essentiel, notamment pour quelqu’un qui débute. Les grands groupes sont synonymes de transfert de connaissances et de bonnes pratiques dans un domaine qu’ils dominent depuis longtemps. On y évolue avec des standards élevés, auprès d’une équipe experte, et qui fait grandir. On apprend des compétences très pointues, avec un environnement contraignant. Dans des petites entreprises, au contraire, un freelance peut vite être amené à faire du bricolage car personne ne sera là pour challenger et encadrer le projet ».

En bref, si les start-ups ont toujours été attractives pour les indépendants, elles doivent aujourd’hui composer avec la concurrence accrue des grands groupes. Si ces derniers ne peuvent pas se contenter de miser sur leur notoriété pour attirer les meilleurs freelances, ils mettent en place de plus en plus d’actions de marque employeur spécifiques à cette cible.