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Valentin Decker : « Communiquer sur son activité et son fonctionnement pourrait aider l’entreprise à attirer les indépendants »

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Fondateur de Sauce Writing, une école d’écriture en ligne depuis 2020, Valentin Decker est convaincu que l’écriture est un super-pouvoir. Il aide les professionnels (freelances, créateurs, entrepreneurs, salariés, etc.) à le maîtriser dans le but de publier des contenus de qualité en ligne. Pour notre étude Les grands groupes qui font rêver les freelances, il nous livre son expérience de freelance et ses conseils aux grandes entreprises pour améliorer leur attractivité. Si vous souhaitez découvrir son travail, vous pouvez jeter un oeil à son guide du copywriting et de l’écriture en ligne.

Dans notre étude Les grands groupes qui font rêver les freelances, nous nous sommes interrogés sur les types d’entreprises les plus plébiscités par les indépendants et notamment sous le prisme de la taille d’entreprise. Quel est votre point de vue sur le sujet ?

Je trouve que le compromis idéal, c’est plutôt des entreprises de taille moyenne, comme celles comptant entre 50 et 100 salariés. Ce sont des petites structures donc on a un côté agile et on peut tester des choses facilement, comme on n’a pas de gros cadre à respecter. Mais cela reste tout de même des clients qui ont des budgets, qui sont matures d’un point de vue marketing et qui ont souvent déjà des choses déjà en place. Le freelance peut donc s’insérer dans une structure qui tourne mais qui ne sera pas trop rigide pour autant.

Dans les toutes petites entreprises, le problème est qu’il y a tout à faire niveau marketing. Souvent une mission de contenu demande de creuser sur les persona, ce que l’on vise, donc un contexte déjà bien clair. Or, le plus souvent, peu de choses sont mises en place.

Enfin, en tant que freelance c’est aussi intéressant et utile d’être cadré. Ça me rassure de savoir qu’il y a des choses en place, de l’existant, que l’on va travailler avec quelqu’un qui va pouvoir faire des retours qui vont être constructifs et pertinents.

Finalement, le bon compromis, c’est quand le client a la compétence en long terme et qu’il va chercher une ressource en plus parce qu’il y a trop d’enjeux, trop de sujets ou qu’il veut aller plus loin sur certains sujets.

Les résultats de notre enquête montrent qu’à l’heure de choisir une mission, les freelances positionnent l’intérêt du projet comme critère numéro un, avant même la rémunération. Est-ce que cela vous concerne également ?

J’ai plusieurs critères et évidemment le budget compte. Mais l’adéquation avec mon positionnement est toute aussi importante. Je cherche des missions proposant de creuser des thématiques sur lesquelles je suis à l’aise et que je veux approfondir.

Le contact avec l’interlocuteur est aussi important : est-ce que je suis avec quelqu’un qui ne comprend pas du tout ce que je fais et souhaite une sorte de baguette magique externe ou, au contraire, est-ce que je suis avec un directeur marketing qui comprend ce que je fais et donc qui veux travailler avec moi.

Et enfin, évidemment la nature de ce qui est demandé importe. Je regarde si la mission est bien alignée avec mes envies et mes compétences. A mon sens, les meilleures missions sont celles sur lesquelles on n’est pas à 100 % à l’aise. J’aime avoir 10% où je sors de ma zone de confort et où j’ai un peu de risque. C’est ainsi que l’on progresse, que l’on apprend, que l’on étend sa ligne de compétences et c’est pour cette raison que c’est intéressant.

Comment les grands groupes pourraient gagner en attractivité auprès des freelances, selon vous ?

Il y a un enjeu au niveau de la communication et c’est valable à plein de niveaux. Les entreprises qui attirent sont celles qui communiquent bien, avec une marque employeur percutante. Les freelances ont envie de travailler pour des entreprises qui les inspirent, donc elles doivent communiquer. En tant que créateur de contenu, je vois peu de boites écrire du contenu en essayant d’aller plus loin, en tenant un blog avec du contenu de qualité ou en tenant une newsletter. Il y en a, certes, mais il pourrait y en avoir plus.

D’autre part, je pense qu’il y a plein de freelances qui se disent que les grands groupes leur sont inaccessibles. Communiquer sur ce que fait l’entreprise, sur sa thématique, son secteur mais aussi ce qu’elle fait avec des clients pourrait aider à résoudre ce problème et même à attirer des indépendants. Cela pourrait revenir à partager des process, des manières de collaborer, des coulisses… et surtout expliquer que l’on travaille avec des freelances et montrer leur profil, les incarner. Les marques qui le font bien attirent, c’est indéniable. Il y a un vrai enjeu de ce côté-là pour les grandes entreprises.